Des personnes présentes aux funérailles de Suzanne m'ont dema ndé le texte que j'ai écrit et lu lors de la messe; je vous le présente afin que vous fassiez connaissance avec elle

MonDieuPlusPresDeToi.mid

(VOICI LE TEXTE QUE J'AI ECRIT ET

LU LORS DE LA MESSE DE FUNERAILLES)

 

 

Nous sommes tous rassemblés ce matin pour accompagner Suzanne dans son dernier voyage; voyage vers Dieu et vers ceux qu’elle a beaucoup aimés;

 je ne m’inquiète pas pour elle ,je sais qu’elle est déjà en très bonne place car sa vie n’a été qu’amour, bonté, partage;

Ses derniers instants ont été des regards chargés d’amour et des baisers; nous posions notre joue sur sa bouche et avec difficultés, elle nous faisait un baiser.

Elle est née à HAUTMONT, en septembre 1916.

Comme beaucoup de gens à l’époque, ses parents tenaient un café; les cafés avaient souvent un salon de coiffure ou une cordonnerie; son père, lui , était cordonnier; ils avaient 2 garçons et 2 filles; Suzanne était l’aînée et s’occupait déjà beaucoup de son petit frère qui avait 12 ans de moins qu‘elle -

je vous raconte cela pour vous expliquer que toute sa vie fut consacrée aux autres;

Jeune fille, elle travailla comme femme de ménage et nounou , dans une famille de Feignies.

En mai 1942, elle épousa François, ouvrier d’usine, aîné lui aussi d’une grande famille,  dont le père était décédé.

En 1944, naquit Michel, son fils unique; un fils qu’elle adora jusqu’à son dernier souffle. Il n’eut qu’amour, attentions ,tendresse.

 Elle aima aussi beaucoup son neveu Jacques s’occupant de lui pendant que sa sœur Malou travaillait à la mairie d’Hautmont. Elle disait de lui : c’est mon deuxième gamin!

Pendant une période, elle éleva une petite fille issue de l’orphelinat, parente de son mari.

Quand je fis sa connaissance en 1968, elle m’aima aussitôt, ne sut quoi faire pour me rendre la vie douce et agréable;

 Quand je devins sa belle-fille, elle me chouchouta; nous mangions chez elle tous les midis, elle m’aidait dans mes tâches ménagères! Je rentrais du bureau et n’avais plus rien à faire;

Généralement, quand un enfant se marie, les parents disent :

- ça y est, nous voici tous les 2 - eux ont dit : nous voilà à 4 maintenant !

Quand dominic son petit-fils vint au monde, ce fut le bonheur total; tout lui fut destiné; pendant 2 ans, elle s’occupa de lui avec douceur pendant que nous travaillions;

Pour ne pas le déranger, elle vint le garder chez moi;

le midi; elle courait chez elle car son mari rentrait de l’usine pour déjeuner; ensuite, elle revenait jusqu’au soir.

Son temps, sa vie, son argent, tout fut pour Michel et Dominic; quand je lui suggérais d’acheter un pull, une robe, … elle refusait et me répondait : non , je ne dépense rien, on ne sait jamais, si Michel en a besoin;

 Jamais, elle ne s’est disputée avec son fils, jamais je n’ai vu un manque de respect ni d’un côté  ni de l’autre;

 Avec le sourire, elle nous rendait service; et de notre côté, nous faisions tout pour lui faire plaisir.

Puis mon beau-père tomba gravement malade, on lui coupa les cordes vocales et on lui posa une canule pour respirer; Suzanne le soigna de tout son cœur; elle lui changeait la canule jusqu’à 15 fois par jour sans jamais perdre patience.

Pendant 17 ans, ils allèrent à leur caravane, au bord de l’eau, ils pêchaient et se reposaient. Elle faisait tout pour qu’il guérisse et pour que la vie lui soit moins pénible.

Elle fut aussi une voisine exemplaire, rendant service à chacun; sans jamais médire sur quelqu’un;

 Elle aida aussi beaucoup sa sœur qui avait des problèmes de santé; jusqu’à ce qu’elle sut tenir un téléphone dans la main, elle l’appela tous les matins; elles se racontaient leurs petits soucis de santé;

Sa vie était tournée vers les autres.

Elle voyait passer un enfant qui sortait de la piscine qu’aussitôt elle lui disait : - mets ton bonnet, tu vas attraper froid, ou bien «  fais attention en traversant …. etc

Elle garda toute sa vie un cœur d’enfant, à la limite de la naïveté, de l’innocence, ne voyant le mal nulle part.

 Sœur Maria qui fut religieuse à Hautmont et avec laquelle j’entretiens une correspondance la surnomme « Bonne Maman".

Quand dominic épousa Fanny et qu’il choisit sa grand’mère comme témoin, sa joie fut immense; Fanny, tout comme moi 30ans avant,entra aussitôt dans son coeur.

Il y a 6 ans, SUZANNE se cassa le col du fémur - vécut chez elle une année, puis se cassa le 2e col du fémur-

Là, sa santé se détériora; ne pouvant plus rester seule, elle vint habiter chez nous pour très peu de temps d’après les médecins; en fait , elle y demeura 5 ans, heureuse, dans une jolie chambre donnant sur le jardin, entourée des siens, du médecin, des infirmières Geneviève et Elisabeth, de Valérie, notre voisine dévouée qui lui tenait compagnie quand Michel et moi devions sortir, d’Anny, mon amie d’enfance qui lui rendait visite et était aux petits soins pour elle .

Il y eut des hauts et des bas, en particulier, cette dernière année;

La vie semble facile quand je la raconte mais quelquefois ce fut pénible surtout quand elle perdait la tête, faisait des bêtises; souvent nous en riions ensemble, quand elle se rendait  compte de ce qu’elle avait dit ! quelquefois, je pleurais, de fatigue, de découragement, d’énervement; mais je repensais à la « bonne maman » et tout rentrait dans l’ordre.

Sa vie n’ayant été que dévouement, c’était à son tour d’être aidée et entourée maintenant.

C’est triste de perdre une maman mais personne n’est immortel; elle allait avoir 90 ans. C’est dans l’ordre des choses

Sa vie passait calmement; elle regardait les photos du temps passé.

 Elle suivait la messe à la télévision , elle qui n’a jamais manqué une messe dominicale!

Sœur Bernadette lui portait la communion chaque semaine.

Elle attendait les coups de fil de son petit-fils qui ne duraient que quelques minutes , mais quand elle entendait : « ça va Mamy? Qu’est-ce que tu racontes? Elle était la plus heureuse des grand’mères

Quand je lui mettais des CD d’accordéon, elle fredonnait des chansons d’autrefois!

Souvent, elle contemplait le jardin

Je lui ai d’ailleurs écrit un poème l’année dernière qui résume bien la fin de sa vie;

(vous le trouverez dans la rubrique "les poèmes de Michelle : le jardin de Suzanne)

 

Commentaires (5)

1. Edouard 24/11/2011

Bravo pour votre courage. C'était une bonne personne et elle a mérité d 'avoir une fin de vie heureuse

2. Rolande 22/01/2011

C'était une bonne personne - il faudrait qu'il y en ait beaucoup comme elle - elle doit vous manquer

3. nowak sabine 16/02/2010

je me nomme sabine nowak/dermy étant mes cousins germains de berlaimont. je suis allée à l'école laÏQUE DES FILLES DE BERLAIMONT J'ai 55 ans, mes parents habitent la rue wibaille dupont. j'ai été tres émue par votre texte d'amour au revoir

4. andrée 07/02/2008

quel bel hommage plein d'amour et de tendresse ,c'est émouvant!
je pense que du paradis,elle veille sur vous...

5. jean mi 08/01/2008

très bel hommage a cette dame qui méritait d'être connue et qui sans nul doute ,s il y a un paradis quelque par doit y reposer en paix
Jean mi

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